Il y a maintenant un moment que la nécessité de protéger les milieux humides est admise par les instances décisionnelles au Québec. Par exemple la Loi sur la qualité de l’environnement encadre la réalisation de travaux dans les milieux humides et hydriques par l’obligation de procéder à une demande de certification d’autorisation pour le développement de travaux afin de protéger l’intégrité de ces milieux et dicte les normes concernant les effluents et les rejets contre la contaminants de ces milieux. De plus la Politique de protection des rives, du littorale et des plaines inondables adoptée en 1987, puis modifiée à maintes reprises depuis, vise à la protection des cours d’eau et des plans d’eau en proposant entre autres, des limites adéquates de bandes riveraines à respecter afin de protéger ces entités ainsi que les milieux humides riverains.

Un grand pourcentage de milieux humides a été détruit avec le développement et l’étalement urbain de plusieurs régions du Québec. Avec cette tendance à la hausse, le Gouvernement du Québec a décidé d’adopter en 2017 la Loi concernant la conservation des milieux humides et hydriques afin de mieux intégrer la protection des milieux humides et hydriques dans le développement de l’aménagement du territoire. Il est peu simple de protéger à la fois ces milieux si importants et d’assurer un développement adéquat des municipalités. La mise en vigueur de cette nouvelle loi permettra de mieux encadrer la prise de décision et de déterminer les milieux à conserver en terres privées au Québec.

Trois grands principes sont à la base de cette nouvelle législation soit, premièrement la protection et la gestion par unité hydrographique de bassin versant, puis le principe d’aucune perte nette, donc la protection des milieux humides offrant les plus grands services écosystémiques et ensuite la compensation sur la même unité hydrographique de milieux qui devront inévitablement être détruits le cas échéant, et troisièmement, l’intégration des impacts découlant des prévisions climatiques dans la planification de la protection des milieux humides et hydriques.  

De grands défis de gestion du territoire émanent donc de cette nouvelle injonction qui a déterminé que les municipalités régionales de comptés (MRC) représentent les organisations publiques les plus outillées et les mieux adaptées afin de réaliser un diagnostic et une priorisation des milieux humides sur leurs territoires respectifs, une planification des mesures de conservation ainsi que l’harmonisation des usages du territoire en fonction du développement et de la protection de ces milieux.  Pour ce faire, les MRC du Québec devront produire un Plan régional sur les milieux humides et hydriques (PRMHH) et s’assurer de son dépôt au plus tard en 2022.

Les différents types de milieux humides

On entend par milieux humides : un étang, un marais, une plaine inondable, un herbier aquatique, un marécage, une tourbière.

 

À quoi servent les milieux humides

Il est régulièrement question de la protection des milieux humides dans la couverture médiatique depuis la mise en vigueur de la nouvelle législation, une précision est à apporter afin de bien comprendre pourquoi mettre tant d’emphase sur la conservation de ces milieux. À quoi servent les milieux humides ?

Les contributions qu’apportent les milieux humides pour la régulation de la préservation de l’environnement et les bien faits qu’ils apportent à l’Homme de manière indirecte sont impressionnantes et il est souvent question de « services écosytémiques ».

Les fonctions ou services offerts par les milieux humides diffèrent en raison des pressions de pollution ou des activités avoisinantes.

·         Assainissement des eaux de surface; ils représentent des usines naturelles de purification et de recyclage des polluants organiques et inorganiques;

·         Augmentent la recharge des eaux souterraines;

·         Permettent de ralentir le processus d’eutrophisation des lacs;

·         Réduisent l’érosion des berges;

·         Permettent de capter le surplus des eaux des terres avoisinantes et régularise le régime hydrologique;

·         Diminuent les possibilités d’inondations;

·         Réduisent la baisse des niveaux des eaux de surface en période de sécheresse;

·         Importants lieux de capture le carbone (particulièrement dans le cas des tourbières);

·         Etc.

Il est donc possible de constater que les milieux humides sont extrêmement importants afin de protéger la qualité de l’eau et la qualité de l’air, particulièrement dans l’optique des changements climatiques.

Les principales menaces

Outre la destruction ou le remblai des milieux humide la principale menace est le drainage. Le drainage provenant du développement immobilier, des activités agricoles, de l’extraction des ressources naturelles, des chantiers de construction divers, du développement d’infrastructures routières et auxiliaires, etc.

L’objectif des PRMHH

Les PRMHH permettront donc d’effectuer un diagnostic des milieux humides sur le territoire des MRC en terres privées, d’en évaluer la valeur (en fonction des services offerts), d’évaluer les enjeux, les problématiques et déterminer des objectifs de conservation. Ces étapes permettront ensuite de déterminer des engagements de conservation qui mèneront à l’établissement de milieux voués à la conservation, possiblement à la modification des schémas d’aménagement afin de conserver certain milieux et finalement, au développement d’un plan d’action.

La démarche permettra également d’établir une démarche participative en procédant à une concertation des acteurs locaux, des organismes impliqués dans la protection de ces milieux, des parties prenantes et des parties intéressées à l’échelle d’une région ou d’un territoire d’une MRC.